Novafleur 2026 à Reims : ce que j’attends du grand rendez-vous de la fleuristerie
Les 4 et 5 octobre 2026, Novafleur s’installe pour la première fois au Parc des Expositions de Reims. Pendant deux jours, fleuristes, producteurs, grossistes, fournisseurs, formateurs, acteurs de l’événementiel et professionnels du végétal vont se retrouver autour de l’un des rendez-vous professionnels importants de la filière.
Pour moi, ce salon représente bien plus qu’un lieu où découvrir de nouveaux produits.
C’est aussi un terrain d’observation privilégié pour comprendre comment évolue la fleuristerie : les attentes des professionnels, les nouveaux usages, les tendances de consommation, les solutions proposées aux fleuristes, mais aussi la manière dont notre métier cherche aujourd’hui à se réinventer.
Cette année, je vais donc parcourir Novafleur avec un double regard : celui de formatrice fleuriste et celui de floral trend researcher.
Voici ce que je vais particulièrement observer à Reims.
Novafleur : un salon professionnel qui change de territoire
Organisé depuis 2013, Novafleur était jusqu’à présent associé à Tours. Pour son édition 2026, le salon prend une nouvelle direction et s’installe à Reims, au cœur d’un territoire particulièrement ouvert sur le Nord-Est de la France et les marchés européens.
Le choix de Reims n’est pas anodin.
La ville se situe à proximité du bassin parisien et bénéficie d’une ouverture vers la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Allemagne. Novafleur présente d’ailleurs ce nouveau lieu comme une manière de renforcer les échanges commerciaux et professionnels à l’échelle française et européenne.
Le salon revendique une approche business-oriented, en réunissant différentes composantes de la filière : producteurs, grossistes, fournisseurs, fleuristes, professionnels de l’événementiel et du funéraire.
C’est précisément ce qui m’intéresse.
Un salon professionnel n’est pas seulement le reflet de ce que les entreprises souhaitent vendre. Il permet aussi de voir ce que la filière pense que les professionnels auront besoin d’acheter, d’apprendre ou d’intégrer demain.
Et c’est là que commence, pour moi, le travail de veille.
Ce que je vais regarder à Novafleur en tant que floral trend researcher
Observer les tendances florales ne consiste pas uniquement à repérer une couleur, une fleur ou un style de bouquet.
Une tendance se construit à partir d’un ensemble de signaux.
Un contenant qui revient régulièrement.
Une nouvelle matière.
Une manière différente de présenter une fleur.
Un changement dans les emballages.
Une évolution du merchandising.
Une nouvelle façon de parler au client.
Une technologie qui commence à entrer dans les pratiques.
Ou, au contraire, un retour assumé vers le geste artisanal.
À Novafleur, je vais donc regarder au-delà des compositions florales.
1. Les matières et les nouveaux produits
Quels matériaux sont proposés aux fleuristes ?
Quelles solutions apparaissent autour des contenants, de l’emballage, des accessoires ou des structures ?
La question environnementale est-elle intégrée dans le discours produit ou reste-t-elle principalement un argument marketing ?
Un exemple est particulièrement intéressant cette année : Smithers-OASIS présente à Novafleur sa nouvelle mousse florale OASIS® Renewal®, une mousse biosourcée d’origine végétale.
L’objectif n’est évidemment pas de considérer automatiquement une nouveauté comme « durable » parce qu’elle est présentée comme telle.
Mais c’est un signal à observer : les solutions techniques proposées aux fleuristes sont elles-mêmes en train d’évoluer.
Et cela pose une question importante pour la formation : comment permettre aux fleuristes de comprendre une innovation, d’en mesurer réellement l’intérêt et de décider si elle répond à leurs contraintes professionnelles ?
2. Le retour du commerce et du point de vente
Le dimanche, Manuel Rucar, du cabinet de tendances Chlorosphère, animera une conférence intitulée « Vous avez dit has-been ? Relookez votre boutique ! »
La conférence proposera notamment un regard international sur les boutiques immersives et les nouveaux merchandising, de la Corée aux États-Unis.
Le lieu est lui-même un outil commercial. La vitrine, la circulation, les hauteurs, les matières, la lumière, le mobilier, les associations de produits et la manière de raconter son univers participent à la perception de la valeur.
Pour un fleuriste indépendant, le merchandising peut donc devenir un véritable outil de différenciation.
C’est aussi un bon exemple de la manière dont une tendance dépasse largement l’esthétique : elle peut avoir une conséquence directe sur l’expérience client et la performance commerciale.
3. La place de l’intelligence artificielle dans le métier
Impossible aujourd’hui de parler d’évolution des métiers créatifs sans s’interroger sur l’intelligence artificielle.
Novafleur a choisi de placer ce sujet au cœur de sa programmation avec Tomas De Bruyne, designer floral, artiste, auteur et formateur international.
Sa conférence du dimanche, « L’art du design, au-delà des fleurs », interrogera notamment la créativité du fleuriste et la place de l’IA dans les processus créatifs. Un sujet dont je partage régulièrement mes réflexions, ici dans le Journal de Fleurie ou sur Instagram.
Le lendemain, Manuel Rucar abordera une question encore plus directe : « Et si l’IA remplaçait votre métier ? ». L’enjeu annoncé est notamment de réfléchir à la manière de remettre l’artisan au cœur du sujet et de faire comprendre aux clients que le savoir-faire possède une valeur.
Je trouve ce rapprochement particulièrement intéressant. Car le débat ne devrait peut-être pas seulement être : L’IA va-t-elle remplacer les fleuristes ? Mais plutôt : Qu’est-ce qui fait encore la valeur d’un fleuriste lorsque l’image d’une création florale peut être générée en quelques secondes ?
Le geste, l’expérience, la connaissance du végétal, la saisonnalité, la capacité à travailler avec une matière vivante, l’adaptation à un lieu, à un budget ou à un événement, la relation avec le client…
Autrement dit : tout ce qui transforme une image en projet réel. C’est précisément une question que j’ai envie de suivre dans ma veille professionnelle.
Les concours : bien plus que de belles compositions
Novafleur accueillera également deux compétitions majeures de la profession.
La Coupe de France des Fleuristes 2026.
La 54e édition de la Coupe de France des Fleuristes réunira sept candidats venus de différentes régions françaises.
La compétition est organisée par la Fédération Française des Artisans Fleuristes, en collaboration avec l’Association Nationale pour les Festivités Florales. Créée en 1970, elle vise à valoriser l’excellence, la créativité et le savoir-faire des artisans fleuristes.
Les candidats devront notamment démontrer leur créativité, leur technicité, leur ingéniosité et leur endurance à travers plusieurs épreuves.
Et c’est ici que mon regard de formatrice entre en jeu. Un concours permet d’observer les compétences qui sont réellement valorisées au plus haut niveau : lecture d’un sujet, gestion du temps, technique, composition, structure, finition, adaptation, créativité…
Pour les futurs fleuristes, ces compétitions sont donc aussi des espaces pédagogiques.
Observer un candidat travailler, c’est observer une somme de compétences professionnelles en action.
Cette année, le jury sera présidé par Stéphane Chanteloube, Meilleur Ouvrier de France, aux côtés notamment de Guillaume Lecas, vainqueur de la Coupe de France 2025, Roxane Bonny-Limouse et Gil Boyard.
Je serai particulièrement attentive aux créations finales, mais aussi à la manière dont les candidats construisent leur réponse au sujet.
La Coupe OASIS® : « Symphonie Florale à Reims »
Autre temps fort : la Coupe OASIS®, qui réunit cette année huit finalistes autour du thème : « Symphonie Florale à Reims »
Le sujet invite les candidats à s’inspirer du patrimoine rémois et à traduire l’identité de la ville à travers fleurs, feuillages, matières et couleurs.
Le jury sera présidé par Gilles Pothier, Meilleur Ouvrier de France et Champion du Monde, accompagné notamment de Stéphane Chanteloube, Dylan Decamp, Franky Bollingh, Mickael Besnardeau et Roxane Bonny-Limouse.
Ce type de concours est intéressant pour une raison : le thème impose aux candidats de traduire une idée en langage floral. Et cette capacité à passer du concept à la réalisation est au cœur du design floral.
Comment raconte-t-on un territoire avec des végétaux ? Comment évite-t-on l’illustration littérale ? Comment crée-t-on une émotion tout en respectant des contraintes techniques ? Ce sont des questions qui dépassent largement le concours.
Elles concernent aussi l’événementiel, le scénographisme, la décoration commerciale et la direction artistique.
Quand la fleuristerie parle aussi de transmission
Un autre élément attire mon attention dans le programme de cette édition : la place accordée à la transmission.
Le salon propose notamment une conférence consacrée à la transmission-reprise, ainsi que plusieurs interventions autour de la formation et de l’évolution des métiers.
Cette présence est intéressante dans un contexte où le métier de fleuriste ne cesse de se diversifier.
Le fleuriste d’aujourd’hui peut être commerçant, artisan, décorateur, scénographe, wedding designer, fleuriste événementiel, créateur de contenu, formateur ou encore travailler en freelance.
Les compétences nécessaires dépassent donc largement la seule technique florale.
Créer est une compétence. Vendre en est une autre. Gérer une entreprise en est une autre. Communiquer, analyser son marché, construire une offre ou transmettre ses savoir-faire en sont encore d’autres.
C’est aussi pour cela que je regarde désormais les salons professionnels avec un regard différent depuis que j’enseigne. Je cherche ce qui peut être appris, transmis et transformé en compétence professionnelle.
Le digital : outil de communication ou véritable levier commercial ?
Le lundi, une table ronde sera consacrée au digital au service des métiers de la fleur et de la décoration, avec notamment Mademoiselle Champêtre, Sophie Bégard – Fée Maison, Les Fleurs de Cléa et Léo de la Grange Ô Fleurs.
Là encore, le sujet mérite d’être observé au-delà des réseaux sociaux.
Le digital peut permettre à un fleuriste de montrer son travail. Mais il peut aussi servir à :
- développer sa visibilité locale ;
- présenter son univers ;
- rassurer un futur client ;
- vendre ;
- raconter son savoir-faire ;
- développer une communauté ;
- trouver de nouveaux partenaires ;
- diversifier son activité…
Ce qui m’intéresse sera donc de comprendre comment les professionnels du floral utilisent réellement ces outils dans leur quotidien, et pas uniquement comment ils les présentent.
Novafleur 2026 : un observatoire de la fleuristerie contemporaine
Cette édition réunit finalement beaucoup de sujets qui traversent actuellement la profession : créativité, commerce, formation, digitalisation, intelligence artificielle, innovation, responsabilité, expérience client et valorisation du savoir-faire.
C’est précisément pour cela que je considère Novafleur comme un véritable observatoire de la filière.
Je partagerai prochainement ici un second article consacré au bilan de Novafleur 2026 : résultats des concours, créations remarquées, innovations, tendances observées et enseignements que je retiens pour les fleuristes et les professionnels du floral.
Amandine — fleuriste, formatrice et floral trend researcher.
J’observe les évolutions de la fleuristerie, ses pratiques et ses tendances à travers le terrain, les rencontres et les événements professionnels.
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