Fashion Week : quand Elie Saab fait entrer le jardin sur le podium
Parmi les défilés de la Fashion Week de Paris Printemps-Été 2027, Elie Saab a particulièrement retenu mon attention.
Et pas uniquement pour les robes.
Avec mon regard de fleuriste, de designer floral et de passionnée de mode et de design, je regarde forcément les défilés un peu différemment. Je m’intéresse aux silhouettes, aux matières, aux couleurs… mais aussi à tout ce qui construit l’univers autour du vêtement : la lumière, le décor, les volumes, les fleurs.
Cette saison, mon coup de cœur va à Elie Saab.
Elie Saab : une féminité tout en mouvement
Présenté à Paris le 3 octobre 2026, le défilé Printemps-Été 2027 retrouve plusieurs éléments qui participent depuis longtemps à l’identité de la maison : une féminité assumée, le travail précieux des matières et cette volonté de créer des silhouettes qui semblent accompagner le mouvement du corps plutôt que de le contraindre.
Les robes attirent immédiatement le regard.
Elles sont fluides, légères, aériennes.
Les transparences, les superpositions, la dentelle et les drapés donnent aux silhouettes une sensation de mouvement permanent. Certaines matières semblent presque flotter autour du corps.
Et c’est précisément cette sensation qui me plaît.
Chez Elie Saab, l’élégance n’est pas nécessairement synonyme d’une silhouette figée. Elle peut être souple, mouvante, délicate et sensuelle.
La maison reste fidèle à son vocabulaire tout en faisant évoluer ses codes. Les sources consacrées à la collection soulignent notamment le travail autour des archives de la maison et cette recherche d’une silhouette féminine plus libre, entre transparence et superposition.
Et puis, il y a le décor…
Évidemment, mon regard ne pouvait pas s’arrêter aux vêtements.
J’ai regardé les fleurs.
Et c’est là que le défilé m’a particulièrement parlé.
Le décor floral accompagne l’univers du défilé avec une esthétique qui m’est très familière : des petites fleurs, du volume, une présence végétale généreuse mais qui conserve une certaine légèreté.
Pas une composition florale parfaitement domestiquée.
Plutôt une impression de jardin qui aurait débordé dans l’espace du défilé.
C’est cette sensation d’immersion qui m’intéresse.
Parce qu’un décor floral réussi ne consiste pas simplement à « mettre des fleurs ».
Il doit participer à la narration.
Il peut prolonger une matière, reprendre une couleur, créer un contraste, modifier la perception d’un espace ou encore donner un rythme au regard.
Et ici, le végétal dialogue particulièrement bien avec les vêtements.
Quand le décor raconte la même histoire que les vêtements
C’est probablement ce qui me plaît le plus dans ce défilé.
- Les robes sont fluides → le décor l’est également.
- Les silhouettes jouent avec le mouvement → le végétal apporte du volume et du mouvement à l’espace.
- Les matières sont délicates → les petites fleurs introduisent une sensation de fragilité et de légèreté.
- Les silhouettes sont féminines et poétiques → le décor nous emmène vers une forme de jardin imaginaire.
Le décor ne fonctionne plus comme une décoration ajoutée au dernier moment.
Il devient une partie intégrante de la direction artistique. Et c’est exactement ce que j’aime observer dans les univers de mode, d’hôtellerie, d’événementiel ou de décoration.
Le floral comme outil de direction artistique
C’est aussi pour cette raison que la mode est une source de veille particulièrement intéressante pour les professionnels du floral.
Observer un défilé, ce n’est pas seulement regarder les prochaines couleurs « tendance ».
C’est regarder :
- les proportions ;
- les volumes ;
- les matières ;
- les associations de couleurs ;
- les contrastes ;
- les textures ;
- la manière dont un espace est scénographié ;
- et surtout, la cohérence entre tous ces éléments.
Une tendance peut naître d’une atmosphère. D’un rapport entre le corps et la matière. D’une envie d’immersion.
Et c’est précisément ce type de signaux que j’aime observer dans mon travail de Floral Research.
Mon coup de cœur de cette Fashion Week
Vous l’aurez compris : Elie Saab est mon coup de cœur de cette saison. Pour les robes, évidemment. Pour leur fluidité, leur élégance et leur mouvement. Mais aussi pour ce dialogue entre mode, espace et floral.
Parce qu’au fond, c’est peut-être cela qui me plaît le plus : lorsque les fleurs ne sont pas simplement là pour être jolies. Lorsqu’elles participent à une histoire. Lorsqu’elles prolongent une silhouette. Lorsqu’elles transforment un lieu. Lorsqu’elles créent une émotion. Et lorsqu’un défilé de mode devient, le temps de quelques minutes, un véritable paysage.

