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Les labels français pour les fleurs : comment s’y retrouver ?

Les labels français pour les fleurs : comment s’y retrouver ?

Fleurs de France, Plante Bleue, Charte Qualité Fleurs… Lorsqu’on cherche à mieux comprendre l’origine et les conditions de production des fleurs, les logos ne manquent pas. Pourtant, ils ne racontent pas tous la même histoire.

Certains renseignent sur l’origine française d’un végétal. D’autres portent sur les pratiques de production, la qualité ou encore la performance environnementale d’une entreprise. Certains concernent spécifiquement les fleurs coupées, tandis que d’autres s’appliquent plus largement à l’horticulture.

Pour un fleuriste, savoir les distinguer permet de mieux choisir ses fournisseurs, de poser les bonnes questions et de parler plus justement de ses fleurs aux clients.

Voici les principaux repères à connaître.

Un label ne garantit pas forcément la même chose

Le premier réflexe consiste à regarder le logo. Le bon réflexe serait plutôt de se demander : Qu’est-ce que ce signe garantit exactement ? C’est une distinction importante.

Une fleur produite en France n’est pas nécessairement issue d’une exploitation certifiée selon un référentiel environnemental. À l’inverse, une production engagée dans une démarche environnementale n’est pas forcément française.

Il faut donc éviter les raccourcis du type : français = forcément responsable
ou certifié = forcément français.

Les différents dispositifs répondent à des objectifs précis. Les comprendre permet de mieux interpréter ce que l’on achète.

Fleurs de France : le repère de l’origine

Commençons par le signe que l’on associe le plus directement à la production française.

Fleurs de France est un label d’origine qui permet d’identifier des végétaux et produits horticoles produits sur le territoire français. Il concerne notamment la floriculture, les plantes, les bulbes et les produits de pépinière. 

Mais une précision mérite d’être retenue : tous les végétaux produits en France ne portent pas automatiquement le label Fleurs de France.
Seuls les producteurs engagés dans le dispositif et répondant aux conditions prévues peuvent l’utiliser. Depuis 2017, l’accès au label est notamment lié à une démarche reconnue telle que Plante Bleue, l’Agriculture Biologique ou la Charte Qualité Fleurs. 

Le logo apporte donc une information intéressante : l’origine française est identifiée et encadrée par un dispositif de traçabilité et d’engagement.

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Une nuance importante pour les fleuristes. Dire « fleur française » et dire « Fleurs de France » n’est donc pas exactement la même chose. Cette nuance peut sembler technique. Elle devient pourtant essentielle lorsque l’on communique auprès d’un client. Un bouquet composé majoritairement de fleurs françaises ne devrait pas être présenté comme « labellisé Fleurs de France » si les fleurs concernées ne le sont pas. Le bon vocabulaire commence par une bonne connaissance de la filière.

Plante Bleue : regarder les pratiques de production

Avec Plante Bleue, on change de sujet.
Le dispositif ne sert pas principalement à indiquer l’origine d’une fleur. Il évalue l’engagement d’une entreprise horticole dans une démarche de production écoresponsable et sociale. 

Le référentiel s’intéresse notamment :

  • à la gestion de l’irrigation ;
  • à la fertilisation ;
  • à la protection des cultures ;
  • à la gestion des déchets ;
  • à la consommation d’énergie ;
  • à la biodiversité et à l’environnement ;
  • aux aspects sociaux et sociétaux.

La certification comporte trois niveaux. Les niveaux 2 et 3 font l’objet d’un audit, tandis que le niveau 3 repose notamment sur des indicateurs et des seuils de performance. Il correspond également au niveau de certification HVE pour les exploitations concernées. 

On comprend alors pourquoi Plante Bleue est intéressant pour un fleuriste qui souhaite aller au-delà de la simple question de l’origine.

Le lieu de production nous renseigne sur le « où ». Une certification environnementale permet davantage de comprendre le « comment ».

Charte Qualité Fleurs : un dispositif pensé pour les fleurs coupées

Autre cas particulièrement intéressant pour les fleuristes : la Charte Qualité Fleurs.
Elle concerne spécifiquement les fleurs coupées et repose sur un référentiel de qualité. Parmi les critères suivis figure notamment une tenue en vase d’au moins sept jours chez le consommateur. 

La démarche ne repose pas sur une simple déclaration du producteur.

La qualité est contrôlée par le producteur avant livraison, vérifiée régulièrement par un technicien formé et complétée par des tests de tenue en vase ainsi qu’un audit annuel réalisé par un organisme certificateur externe. 

Pour un fleuriste, cette information est loin d’être anodine.

La qualité d’une fleur coupée ne se résume pas à son apparence au moment où elle arrive dans un seau. Sa capacité à évoluer et à tenir dans le temps fait partie de sa valeur.

C’est aussi une bonne illustration d’un principe essentiel : un label ou une certification prend tout son sens lorsqu’on sait quel critère concret il cherche à améliorer.

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Et le Label Rouge ?

Le Label Rouge est différent. Il s’agit d’un signe officiel qui distingue des produits présentant un niveau de qualité supérieure par rapport aux produits similaires. Son cahier des charges est homologué et son respect fait l’objet de contrôles. 

Dans l’univers végétal, il concerne notamment certains rosiers, géraniums, dahlias, sapins de Noël et arbres fruitiers.

Il serait donc trompeur de présenter le Label Rouge comme un label général pour les fleurs coupées françaises. Son rôle est autre : il porte sur une qualité définie par un cahier des charges précis, pour des catégories de produits déterminées.

C’est un bon exemple de la vigilance nécessaire lorsque l’on parle de labels : un logo connu ne signifie pas forcément ce que l’on imagine.

Le Label Rouge sur le site de l’INAO⁠

HVE : une certification environnementale plus large

La Haute Valeur Environnementale (HVE) n’est pas une certification créée spécifiquement pour les fleurs.

Elle appartient au dispositif public de certification environnementale des exploitations agricoles. Dans le secteur horticole, elle peut notamment être obtenue à travers le niveau 3 de Plante Bleue. 

Son intérêt est donc différent de celui de Fleurs de France.

Fleurs de France répond à une question d’origine.
Plante Bleue et HVE apportent des informations sur les pratiques environnementales.
La Charte Qualité Fleurs s’intéresse à la qualité des fleurs coupées.

Ces dispositifs peuvent parfois se retrouver autour d’un même producteur, mais ils ne sont pas interchangeables.

Alors, que regarder lorsqu’on achète des fleurs françaises ?

Il n’existe pas un unique « meilleur label ». Tout dépend de ce que l’on cherche à savoir.

Ma question

Le repère à regarder

Où cette fleur a-t-elle été produite ?

Fleurs de France

Quelles pratiques environnementales et sociales sont mises en œuvre ?

Plante Bleue

Cette fleur coupée répond-elle à un référentiel de qualité précis ?

Charte Qualité Fleurs

Cette production horticole bénéficie-t-elle d’une certification HVE ?

HVE

Ce produit bénéficie-t-il d’un signe officiel de qualité supérieure ?

Label Rouge, lorsqu’il existe pour la catégorie concernée

S’agit-il d’une production biologique ?

Agriculture Biologique

Cette grille n’a pas vocation à transformer le métier de fleuriste en exercice de lecture des certifications. Elle donne simplement les bonnes questions à poser.

Pour un fleuriste, le label n’est que le début de l’enquête

Un logo peut apporter une information précieuse. Il ne raconte toutefois jamais toute l’histoire d’une fleur.

La saison compte. La variété aussi. Le mode de culture, la distance parcourue, la durée de stockage ou encore le conditionnement peuvent également entrer en ligne de compte.

C’est pourquoi, lorsqu’un fournisseur propose des fleurs françaises, il peut être intéressant de demander :

  • Quelle est leur origine précise ?
  • Sont-elles labellisées ?
  • Quelle certification possède le producteur ?
  • S’agit-il de fleurs de saison ?
  • Quel est le circuit entre le producteur et ma boutique ?

Ces questions ne servent pas uniquement à mieux acheter.

Elles permettent aussi de mieux expliquer ses choix aux clients.

Et c’est probablement là que les labels deviennent réellement intéressants pour le métier de fleuriste : lorsqu’ils cessent d’être de simples logos pour devenir des outils de compréhension et de dialogue.

Il serait tentant de terminer sur une opposition simple : fleurs importées d’un côté, fleurs françaises de l’autre.

La réalité est plus complexe.

La production française doit elle aussi composer avec l’eau, l’énergie, les traitements, les aléas climatiques, les saisons et les réalités économiques d’une exploitation. Les certifications ne suppriment pas ces contraintes. Elles permettent plutôt de formaliser certains engagements et de rendre certaines pratiques plus lisibles. C’est précisément pour cette raison qu’il est intéressant de connaître leur périmètre.

Choisir français est une information. Choisir de manière éclairée en est une autre.

Ce que les labels nous apprennent aussi sur le métier de fleuriste

Pour moi, cette question dépasse finalement celle des logos. Elle touche à une évolution plus large du métier.

Le fleuriste peut être amené à s’interroger sur l’origine des végétaux, les conditions de production, la saisonnalité, la traçabilité et la manière dont il transmet ces informations à son client. Cette évolution demande de rester curieux.

  • Observer la filière,
  • Lire les référentiels,
  • Interroger les fournisseurs,
  • Comparer les informations,
  • Faire évoluer ses pratiques…

C’est aussi ce qui nourrit le Floral Research chez Fleurie : regarder le secteur floral au-delà de la création elle-même, croiser les informations et comprendre les évolutions qui peuvent demain transformer le métier.

Découvrir le Floral Research de Fleurie⁠

Parce qu’au fond, mieux connaître les fleurs que nous travaillons, c’est aussi mieux connaître le métier que nous exerçons.

Pour aller plus loin

La question des labels français fait naturellement écho à celle des certifications internationales. MPS, GLOBALG.A.P. ou encore FSI 2030 répondent à d’autres logiques et permettent d’élargir la réflexion sur la durabilité et la responsabilité dans la filière florale.

Découvrir l’article sur les labels et certifications

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