Comment je suis devenue Floral Researcher
Je ne connaissais pas le Floral Research lorsque j’ai commencé mon parcours dans la fleur.
À mes débuts, j’ai surtout appris le métier de fleuriste. Puis il a fallu apprendre à entreprendre, gérer une activité, comprendre un commerce et trouver ma place dans un métier artisanal qui offre bien plus de possibilités qu’on ne l’imagine.
Je n’ai jamais vraiment suivi une ligne droite. J’ai exploré.
La boutique, l’événementiel, le mariage, les hommages, les décors floraux, la création, la communication… Chaque expérience m’a permis de découvrir une nouvelle facette de la fleuristerie et de mieux comprendre tout ce qui se joue autour de la fleur.
Floral Research : de quoi parle-t-on chez Fleurie ?
Le terme Floral Researcher est encore peu utilisé en France et ne désigne pas, à ma connaissance, une profession officiellement définie avec un périmètre unique.
Dans le monde anglophone, le mot researcher apparaît toutefois dans différents contextes liés à la filière florale. Une étude publiée en 2025 dans Technology in Horticulture, consacrée aux métiers et aux compétences du floral design, identifie notamment le rôle de “floral design educator/researcher” parmi les profils professionnels interrogés. (maxapress.com)
La recherche florale peut également prendre des formes très différentes : recherche scientifique sur les végétaux et la production, étude du marché, observation des comportements des consommateurs, évolution des pratiques professionnelles ou encore analyse des tendances. L’Association of Specialty Cut Flower Growers souligne par exemple l’importance de comprendre les tendances du secteur et les évolutions du marché pour permettre aux professionnels de la fleur de prendre des décisions plus éclairées et de rester compétitifs. (ascfg.org)
C’est dans cet espace que je situe ma propre pratique.
Chez Fleurie, le Floral Research ne relève pas de la recherche scientifique sur les plantes. Il se rapproche davantage de ce que l’on pourrait appeler, en anglais, floral trend research, avec une dimension d’observation, d’analyse, de transmission et d’éducation.
J’observe le floral comme un métier, mais aussi comme un marché, un univers créatif et un secteur en mouvement.
Je m’intéresse aux tendances, bien sûr, mais pas uniquement à ce qui est « tendance » sur Instagram ou Pinterest.
Je cherche à comprendre d’où viennent les mouvements, ce qu’ils racontent, comment ils circulent et comment ils peuvent se traduire dans la réalité d’un métier ou d’une entreprise.
Je regarde les fleurs et les végétaux, mais aussi les couleurs, les formes, les matières, les objets, les usages, les pratiques commerciales et les influences venues d’autres univers : mode, décoration, architecture, design, art, culture ou encore nouveaux usages numériques.
Cette approche rejoint d’ailleurs ce qui se développe déjà dans l’industrie florale à l’international. Certains travaux de prospective florale croisent volontairement plusieurs secteurs, les enquêtes auprès des professionnels et l’observation des tendances afin d’identifier les signaux susceptibles d’influencer les futurs usages et créations florales. (e-retina.net)
C’est précisément cette façon de regarder que je souhaite développer chez Fleurie.
Je ne cherche pas à prédire l’avenir de la fleur. Je cherche à observer ce qui émerge, à le mettre en perspective, à le documenter et à le traduire pour qu’il puisse devenir une source de réflexion, de création ou de décision.
Le Floral Research nourrit ainsi mes projets de création, de stylisme et de direction artistique.
Il peut aussi prendre une dimension pédagogique : transmettre ce que j’observe, partager mes recherches, expliquer les évolutions du métier et donner aux professionnels des clés pour mieux comprendre leur environnement.
C’est pourquoi ma pratique se situe aujourd’hui à la croisée de plusieurs notions : Floral Research, Floral Trend Research et Floral Education.
Trois dimensions qui résument assez bien ma manière de travailler : observer → analyser → transmettre → traduire → créer.
Du métier de fleuriste au design floral
C’est notamment grâce à mes expériences en freelance dans l’événementiel et à ma participation à de grands décors floraux que j’ai commencé à percevoir une nuance importante.
Il y a le métier de fleuriste.
Et il y a aussi le design floral : penser un univers, une intention, une esthétique, une cohérence. Réfléchir à la place de la fleur dans un décor, une image, une marque ou une expérience.
À partir de là, mon regard s’est affûté.
J’ai commencé à observer davantage. À comparer. À chercher ce qui se trouvait derrière les images et les tendances que je voyais apparaître.
Et surtout, j’ai commencé à écrire mes réflexions.
Sur la fleur.
Sur le métier.
Sur les tendances.
Sur l’évolution du marché.
Sur les nouvelles pratiques.
Sur l’événementiel, le mariage ou le deuil.
Sur l’écoresponsabilité.
Sur la communication.
Sur l’entrepreneuriat.
Petit à petit, l’écriture est devenue une manière de prendre du recul sur mon propre métier.
Observer pour mieux comprendre
La fleuristerie et la gestion d’un commerce m’a aussi appris une autre chose : pour durer, il faut savoir observer son environnement.
Un fleuriste ne vend pas uniquement des fleurs coupées et des plantes.
Il doit comprendre sa clientèle, son territoire, ses concurrents, ses prix, ses saisons et ses habitudes d’achat.
Il doit aussi regarder ce qui se passe autour de lui.
- La mode,
- La décoration intérieure et extérieure,
- Le design,
- Les couleurs,
- Les matières,
- Les nouveaux usages / techniques,
- Les mouvements qui traversent le floral.
Les tendances font partie de ces indicateurs.
Elles peuvent aider à réfléchir à une nouvelle collection, à renouveler une vitrine, à choisir des produits complémentaires ou à imaginer de nouveaux usages de la fleur.
Un vase, un cache-pot, une carte, un objet, une matière… peuvent parfois ouvrir une nouvelle piste commerciale ou créative.
Cette veille n’est donc pas seulement esthétique.
Elle participe aussi à la durabilité d’une activité florale, qu’elle soit une boutique physique, un atelier ou un e-commerce.
Une approche qui s’est construite avec le temps
Au fil des années, j’ai également développé des compétences transversales qui viennent compléter mon profil et mon regard de fleuriste.
J’ai étudié :
- La rédaction,
- Le SEO,
- L’UX : l’expérience utilisateur,
- La communication web,
- L’analyse des données…
Ces compétences se sont progressivement croisées avec mon métier.
J’ai écrit pour comprendre.
J’ai cherché pour vérifier.
J’ai observé pour questionner.
J’ai analysé pour prendre de la hauteur.
Et mes écrits sont devenus, avec le temps, une véritable source de réflexion sur le métier et son environnement.
Je parle de tendances et de mouvements floraux, mais aussi de marché, d’innovation, d’intelligence artificielle, d’écoresponsabilité, de communication ou d’entrepreneuriat.
Je m’intéresse également à ce qui se trouve derrière le métier : ses contraintes, ses évolutions, ses contradictions et parfois même son impact sur nos vies. Parce qu’un métier passion peut aussi prendre beaucoup de place dans une vie. Et parce que je suis une femme, une entrepreneuse et une professionnelle, je ne peux pas complètement séparer ce qui se passe dans mon activité de ce que cela produit dans ma vie personnelle.
Cela fait aussi partie de mon regard.
Puis, le Floral Research est devenue une activité
Depuis ma reconversion, je ne suis pas restée dans une seule case. J’avais faim d’apprendre.
J’ai toujours été curieuse de ce que ce métier pouvait devenir et de ce que je pouvais encore en apprendre.
Mes projets m’ont nourrie.
Et mes recherches ont fini par trouver leur propre place dans mon travail.
C’est ainsi que le Floral Research est devenu une évidence, et essentiel dans ma manière de faire mon métier.
Non, comme un métier que j’aurais décidé d’adopter du jour au lendemain. Mais finalement comme une posture professionnelle que j’avais progressivement construite sans encore avoir le mot pour la nommer.

